Entreprendre en Europe, consensus et disparités

Un sondage Ipsos effectué auprès 1400 dirigeants de PME permet de cerner leurs perceptions et leurs attentes sur la question d’entreprendre en Europe. Effectué fin 2007 auprès de 7 pays de l’Union Européenne : France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, Suède et Pologne, ce sondage montre un gap entre les attentes et la réalité et toujours une singularité bien française.

1) La perception de l’UE est globalement positive : 79% expriment des sentiments positifs, contre 26% de sentiments négatifs et le sentiment le plus partagé par les sondés est l’espoir (58%), même chez les Britanniques (36%). Sont indiqués ensuite : la confiance (37%), l’indifférence (18%), l’enthousiasme (17%), la méfiance (16%), la crainte (11%) et l’hostilité (3%).

2) En revanche, leur jugement sur leur propre pays est globalement négatif. Tous considèrent que dans leur pays, un certain nombre de domaines devraient faire l’objet d’améliorations, notamment :

  • la création d’entreprises,
  • l’encouragement à l’innovation,
  • la transmission et la reprise d’entreprises,
  • les aides au financement,
  • l’accès aux marchés publics.

Cependant les disparités sont fortes d’un pays à l’autre. Les sondés de la Suède, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont globalement plus satisfaits de leur situation que ceux des autres pays.

3) Tous considèrent que la situation des chefs d’entreprise des autres pays est meilleure que la leur.

4) Tous ont des attentes fortes vis-à-vis de l’UE, notamment en ce qui concerne l’harmonisation fiscale : 51% considèrent qu’il s’agit de la mesure la plus urgente à mettre en place. Sont également cités : la facilitation de l’accès au financement, le soutien à l’innovation et l’harmonisation sociale.

5) 44% des chefs d’entreprise interviewés ont l’intention de développer leurs ventes dans les 2 ou 3 prochaines années dans les pays de l’UE.

6) Zoom sur les résultats de l’enquête auprès des chefs d’entreprises français :
Les responsables des PME françaises sont ceux qui éprouvent le plus de sentiments négatifs sur l’UE, ils pensent qu’ils ont une mauvaise image dans leur pays et ils font partie de ceux qui ont le moins l’intention de s’implanter ou de développer leurs ventes dans d’autres pays de l’UE. De plus ils connaissent mal ou peu la législation européenne applicable aux PME en France.

On peut alors se demander ce qui se passe en France : est-ce le syndrome de « l’irréductible village gaulois », l’habitude de râler et de se plaindre, un manque de curiosité, un déficit de compétences, de vision stratégique ou un défaut d’ambition ? L’enquête n’apporte pas de réponse, chacun d’entre nous peut donner la sienne.
La rédaction
Source : Ipsos, voir tous les résultats.