Technologie : Les 10 termes incontournables de 2006

L’innovation est inséparable du Web. Mais, entre termes techniques, sigles anglo-saxons et néologismes, il est parfois difficile de rester connecté. Dix mots à retenir pour ne pas être perdus en 2006, selon l’incontournable JDN, càd le Journal Du Net.

« Dans le monde du Web, les innovations viennent souvent d’outre -Atlantique, et la technologie est omniprésente. C’est pourquoi, dans les lignes du JDN (Journal du Net,www.journaldunet.com), se développe souvent un jargon qui peut à première vue paraître abscons. Entre termes techniques, sigles anglo-saxons et néologismes, il est malgré tout parfois difficile de rester à la page. Pour ne pas être perdus en 2006, voici une sélection des dix mots à retenir. Ils sont nés ou se sont répandus cette année, et ils seront de plus en plus présents. Vous avez dit…

Podcast La technologie du podcasting, popularisée par les blogs, permet de diffuser des fichiers audio et vidéo via un abonnement à un flux RSS. Dans ce système, c’est l’internaute qui déclenche le téléchargement (pull), au contraire de la diffusion Web traditionnelle qui envoie le flux vers l’internaute (push). De plus en plus d’éditeurs publient ainsi des contenus audio ou vidéo (Allociné, Europe1, Arte, RTL…), que les internautes peuvent choisir d’ajouter à leur playlist, puis écouter ou regarder sur leur PC ou leur baladeur numérique. Le mot podcast vient d’ailleurs de la contraction de iPod et de broadcast (diffuser).

MVNO « Mobile Virtual Network Operator », soit opérateur de réseau mobile virtuel : c’est le statut, en France, de Debitel (premier entrant), Breizh Mobile, Tele2, Neuf Cegetel, NRJ Mobile, Futur Telecom et Coriolis. Ces entreprises, qui ne possèdent pas d’infrastructure de télécommunication, achètent des minutes de téléphonie à des opérateurs traditionnels pour les revendre ensuite à leurs clients. Pour le moment, seuls Orange et SFR ont signé de tels accords, avec Tele2 et Breizh Mobile pour le premier, et les autres MVNO pour le second. Un marché tout jeune, puisque hormis Debitel et Breizh Mobile, tous les MVNO se sont lancés en 2005. Une année définitivement tournée vers l’ouverture à la concurrence, après la condamnation début décembre pour entente illicite de Bouygues, SFR et Orange. Le marché attire d’ailleurs encore de nouveaux acteurs, puisque Virgin Mobile devrait arriver sur le marché français en 2006, ayant déjà signé avec Orange

SEM Le SEM, pour « search engine marketing » fait assurément partie des « buzz words » de l’année 2005. D’ailleurs, qui parle encore de référencement, aujourd’hui ? Agences et professionnels du marketing ont en effet adopté les termes de SEO (search engine optimisation) pour désigner les pratiques visant à optimiser son référencement gratuit (position naturelle dans les moteurs de recherche), et de SEM pour désigner la gestion des liens sponsorisés, achetés auprès des réseaux comme ceux de Google, Overture ou MSN. Un signe du développement exponentiel de ce marché, qui représenterait en France environ 30 % des investissements publicitaires online.

Rich-media La démocratisation du haut débit, qui touche aujourd’hui près de 60 % des foyers français connectés à l’Internet selon l’Arcep (Autorité de régulation des télécommunications et des postes), a fait pénétrer l’e-pub dans l’univers du rich-media. Derrière ce terme se trouvent toutes les créations publicitaires en ligne qui adoptent une logique d’animation visuelle et sonore : Flash, vidéo, expand banner, habillages sonores, jeux, incrustations, etc. S’ils restent encore minoritaires en volume de diffusion des pages et en chiffre d’affaires des régies et centrales d’achat, les formats multimédia sont promis à un avenir florissant. Une étude de Doubleclick évalue la part du rich media au sein de la publicité en ligne à 33 % en France, mais elle atteint déjà 60 % des publicités en ligne dans le secteur automobile.

DVB-H Les premières expérimentations de télévision sur mobile menées depuis ces derniers mois en France explorent deux normes différentes. La norme DVB-H (Digital Video Broadcasting Handhelds), présente dans trois tests sur quatre, est un dérivé de la TNT optimisé pour les petits écrans en situation de mobilité. Elle utilise la fréquence 7 MHz et permet de recevoir de 20 à 30 chaînes. Ce standard, en concurrence avec le T-DMB en France (une norme coréenne) et le DAB ailleurs dans le monde, pourrait constituer une véritable alternative à la diffusion de vidéos en UMTS à destination des téléphones mobiles, car il permet de ne pas consommer de bande passante. Son exploitation commerciale devrait débuter fin 2006 ou début 2007.

VOD La vidéo à la demande, ou VOD, a connu son véritable essor en 2005. iTunes, qui a mis en place une offre de VOD cette année, aurait déjà vendu ainsi plus d’un million de vidéos. Aux Etats-Unis, les Studios Universal ont annoncé qu’ils seraient en mesure de proposer des blockbusters en VOD à partir du deuxième trimestre 2006. En France, plusieurs offres ont déjà vu le jour, dont celle de Free en partenariat avec Canal Plus, qui proposent au démarrage un catalogue de 100.000 films. Point d’orgue de la montée en puissance de ce marché, l’accord signé le 20 décembre entre les FAI et l’industrie cinématographique, qui a introduit une nouvelle fenêtre dans la chronologie des médias, autorisant la diffusion des films en VOD 33 semaines après leur sortie en salle. Reste aux différents acteurs de ce marché à trouver un business model viable.

Pay per call Miva, AOL, Google, Kelkoo… Tous se sont mis au pay per call en 2005. Ce mode d’achat média consiste à facturer une annonce lorsqu’elle génère un appel téléphonique sur le centre de l’appel de l’annonceur ou une demande de rappel. Ce système est en fait une variante des liens sponsorisés, spécialement adaptée aux annonceurs qui ne disposent pas d’un site Internet transactionnel. Il peut également permettre une amélioration des taux de transformation. Encore peu répandu, il commence à éclore un peu partout dans le monde, du Royaume-Uni à l’Australie, en passant par la Suède ou l’Espagne.

Wimax Le Wimax est un standard de transmission sans fil à haut débit. Fonctionnant à 70 Mbit/s, il est prévu pour connecter les points d’accès Wi-Fi à un réseau de fibres optiques, ou pour relayer une connexion partagée à haut-débit vers de multiples utilisateurs. Cette technologie constitue notamment une alternative porteuse d’espoir pour l’aménagement en haut débit des territoires enclavés, sur lesquels l’ADSL ou la fibre optique peut difficilement être déployé ou ne serait pas économiquement rentable. L’Arcep a ouvert cette année les candidatures pour l’attribution des licences Wimax en région. 20 régions et 34 départements ont déjà déposé des lettres d’intention, de même que de nombreuses entreprises. Signe que le Wimax suscite les convoitises, le FAI Free a par ailleurs racheté en septembre dernier le seul détenteur d’une licence nationale Wimax, l’opérateur Altitude Telecom.

DRM Les dispositifs de DRM (Digital Rights Management), qui permettent de protéger les droits de l’auteur d’un contenu numérique diffusé en ligne, ont été présents dans tous les débats sur le peer-to-peer cette année. Ce sont ces systèmes qui permettent notamment de limiter le nombre de téléchargement ou de gravage sur CD d’un titre téléchargé sur une plate-forme légale de musique en ligne. Acteurs du traçage des internautes sur le Web, ils sont contestés par les tenants de la licence légale. Les DRM faisaient par ailleurs partie du projet de loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI), débattu à l’Assemblée les 21 et 22 décembre, qui avait pour but de les légitimer et d’assimiler leur contournement à un délit de contrefaçon.

FTTH La fibre optique sert désormais aussi à équiper les particuliers en haut débit. C’est ce qu’on appelle la « Fibre optique jusqu’au domicile », ou Fiber to the home (FTTH). Ce type d’infrastructure, qui permet l’accès à Internet à des débits atteignant souvent 100 Mbit/s dans chaque sens, est principalement utilisé dans les zones urbanisées de la Corée du Sud, du Japon et des Etats-Unis, mais commence à se développer en France, en dehors de murs de la ville précurseur en ce domaine, Pau. Le premier opérateur de FTTH pour le marché résidentiel en France, CitéFibre, s’est introduit sur le Marché Libre le 2 décembre 2005.

Source Rédaction JDN & JDN Solutions lien
http://www.journaldunet.com/0512/051223mots2005.shtml