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Philippe Carlhammar (Centrale Paris et Harvard Business School) est spécialisé en Direction Commerciale et Direction Générale – ETI et groupes, en France et à l’étranger.

Il travaille plus particulièrement sur la redynamisation de la force de vente, le retournement d’entreprises « top line » et « bottom line » et les intégrations post-acquisition.

Quel est le lien entre Amadeus Executives, les différences culturelles et l’international ?

En passant en revue l’expérience professionnelle de chacun, nous avons découvert récemment que notre activité, cumulée entre nous tous,  nous a fait faire 81 années de missions dans le reste de l’Europe, 32 années en Amérique du Nord, 28 années en Afrique et 26 années en Asie Pacifique.

Nous sommes donc déjà bien représentés à l’international. Nous avons de plus un vécu ou des liens familiaux qui, pour plusieurs d’entre nous, nous font déjà voyager « culturellement » et parler couramment plusieurs langues. Dans mon cas, c’est la Suède et l’Espagne qui sont mes « deuxièmes chez moi ». J’ai moi-même effectué plus de 10 ans d’activité professionnelle à l’étranger, par exemple.

Qu’apporte votre expérience à l’étranger à vos donneurs d’ordre ?

Dans le sens France vers l’étranger, nous sommes en mesure de confortablement refléter la culture, les choix et la manière de penser de nos donneurs d’ordre en France. Au-delà de notre mission, nous pouvons souvent plus facilement agir aussi en « ambassadeurs » de la maison mère. Nous pouvons effectivement aider les interlocuteurs que nous rencontrons à l’étranger à mieux faire le lien entre leur quotidien, et les besoins de leur maison mère en France. Nous pouvons adapter la communication de la maison mère aux « récepteurs » locaux, tout en utilisant cette communication pour faire avancer la mission.

Quels avantages en tire le donneur d’ordre ?

Nous comprenons souvent bien les deux côtés de la relation, notamment en temps de crise ou de transition. Nous nous retrouvons à traduire, « comme Monsieur Jourdain », la pensée, les plans, parfois même la culture « maison » à nos interlocuteurs à l’étranger, dans leur propre langue et leur mode de pensées. Nous nous en servons pour pousser à l’action. Notre expérience des situations « spéciales » nous a amenés à travailler la communication en situation de crise ; c’est un atout lorsque nous devons équilibrer différentes cultures avec les actions à entreprendre dans le même temps.

Cela est-il également valable lorsque le donneur d’ordre est à l’étranger pour une mission en France ?

Nous retrouvons les mêmes avantages. Lorsque le donneur d’ordre est à l’étranger, nous lui donnons le bénéfice de pouvoir correctement évaluer la situation de l’entreprise en France, en tenant compte des éventuels non-dits (fréquemment rencontrés dans notre métier), qu’ils soient d’ordre culturel ou managérial. De nouveau, ceci aide à aligner les attentes des deux côtés, tout en focalisant un maximum des efforts sur l’action à entreprendre pour sortir l’entreprise de l’ornière.

Et dans les situations franco-françaises ?

Je pense que les Amadéussiens ayant fait une partie de leurs missions à l’étranger renforcent leur propre bagage managérial pour gérer de nouvelles situations spéciales. En effet, gérer des évènements à l’étranger dans un milieu qui n’est pas habituellement le vôtre, vous permet petit à petit de consolider votre capacité à appréhender toutes les nouvelles situations ou crises non habituelles que vous rencontrez en tant que manager de transition. Cela tient effectivement in fine de lieu d’entraînement additionnel au métier qui est le nôtre.

Qu’apporte alors Amadeus Executives à ses membres lors de ces missions ?

Amadeus Executives apporte ses outils habituels du comité de soutien, constitué par deux ou trois de nos membres, dont chaque adhérent bénéficie lors de la phase initiale d’une nouvelle mission. C’est au sein de ce comité de soutien que se partagent les retours d’expérience, notamment pour le ou les pays dont il est question dans la mission.

Au-delà de ce comité de soutien, choisi en toute liberté par l’Amadéussien, nos plénières mensuelles et la formation continue entre nous permettent d’élargir ces échanges à l’ensemble de nos adhérents. En effet, c’est là un point « culturel » important lorsque nous faisons face individuellement à une situation spéciale : nous ne sommes jamais seuls !

La cooptation de nouveaux membres fait attention à élargir toujours plus la diversité, au sens le plus large, des profils retenus. Les missions menées à l’étranger sont un facteur dont nous tenons alors compte.