Le-billet-d-Aristide

Travailler, réussir, vivre ensemble, yes we can!

La quasi-totalité de mes missions a consisté à réapprendre aux équipes à travailler ensemble puis à leur donner le goût de réussir, ensemble. Et toujours je me suis appuyé sur celui qui donnait sa légitimité à mon objectif : le Client.

C’est assez facile, pourvu qu’on ne se laisse pas entraîner dans les paradigmes tacites qui insidieusement pilotent les esprits. On y arrive, les ans en sont la cause.

Mais voici qu’un manager de transition fort jeune vient d’être désigné pour une mission de cinq ans. Mission : impossible, pensez donc, réapprendre à des millions de gens à vivre ensemble, travailler ensemble, voir le bon côté des choses. Des millions de Français, les seuls à ne pas savoir que la France est le plus beau pays du monde. Pas la peine d’espérer que le Client serve de fédérateur, nicht in Frankreich. Les ans, il en a fort peu. Lui. Aux âmes bien nées, me direz-vous…

La mission ne lui a pas été offerte. Autour de lui, comme autour des autres candidats, ô combien de malveillance. Et à présent, que d’esprits revanchards qui déjà fomentent une cohabitation. Mais alors, super-Emmanuel, quelle est la source de votre volonté pour cette mission ? Un ego démesuré ? Un insatiable appétit de pouvoir ? Les avantages liés au poste ? La certitude d’un destin d’homme providentiel ? Oh, ou alors serait-il piloté par le Grand Capital, derrière son juvénile sourire se cacherait le masque froid de la Finance et de l’Europe au service de la prospérité allemande ? Ou simplement, les illusions de la jeunesse, celles qui font qu’on bâtit, plante, invente, en se sentant porté par la bienveillance autour de soi ?

Pour nous autres, managers de transition, certes amadéussiens mais seulement humains, le cas est captivant. Supposez qu’il trouve les mots, les ressorts, et qu’il arrive à faire changer la France sans mettre le feu…Maintenant, une autre leçon de mon expérience est que le changement vient d’abord des gens de l’entreprise, le manager de transition est seulement le catalyseur. JFK a dit quelque-chose d’analogue aux Américains le jour de son intronisation. Tout jeune président, lui aussi.

Good luck Mr President !

 

Aristide Schlienger, membre d’Amadeus Executives.

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