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 Avec Philippe MEDEAU, Création ex-nihilo en Chine puis restructuring en métropole

Du développement réussi en Chine dans le secteur des Sciences de la Vie à la revue du « Business model » d’une Société de Services en France. Toujours s’adapter !

Philippe, une mission à l’international fait-elle rêver ou fait-elle peur ?

Etre un Manager de Transition c’est aussi s’ouvrir aux challenges internationaux.

Faites-nous partager une mission internationale

J’ai récemment participé à la très belle aventure d’un groupe Allemand impliqué dans les Sciences de la Vie qui a créé une nouvelle activité en Chine. La recette imaginée était pourtant simple au départ : injection de capital + savoir-faire = acquisition d’une entreprise, de clients et de part de marché. Le projet était cadré, tout semblait écrit.

Après une année de tentatives infructueuses, en interne, sans addition apparente de coûts, le groupe a dédié un budget spécial et a missionné un Manager, expérimenté, ouvert sur les nouvelles technologies et au management interculturel.

Lorsque je suis arrivé, pour une mission courte, langue, culture, législation, comptabilité, tout était totalement différent ! L’enjeu était bien de s’adapter au mieux dans un délai des plus brefs !

Il m’a fallu parcourir le pays pour rencontrer les universitaires, les industriels, tous ceux qui pourraient faire avancer ce dossier :

  • discussion des plans en interne,
  • rencontre avec les plus hautes personnalités nationales et provinciales, avec des chefs d’entreprises,
  • présentation de projets d’acquisition, de Joint-ventures, majoritaires ou non, de Business Plans à 10 ans, de plans de recrutement de jeunes locaux, de plans d’investissement sur le territoire.

aen6-medeau-chine-franceJ’ai été amené à démontrer que les richesses du pays ne seraient pas pillées, …, etc. Un travail de longue haleine, dans un environnement en pleine évolution, où une culture si différente de la nôtre, une façon tellement particulière de commercer et une langue manquant très souvent de termes techniques adaptés, menaient le bal.

 

Et tout cela pour quels résultats ?

Un succès, un futur, un partenariat :

  • Succès, car une activité est née, elle se calcule maintenant en dizaines de millions d’Euros et se développe selon les nouveaux plans. Selon mes sources, le point d’équilibre vient d’être atteint. Champagne et Maotai !
  • Futur, car l’avenir du segment est plus qu’assuré pour les décennies à venir.
  • Partenariat, dans le domaine de la recherche avec les entreprises locales, grâce aux relations de confiance, facilitatrices pour le commerce, qui ont été installées avec les autorités chinoises.

Et ensuite, que s’est-il passé ? Etes-vous en mission actuellement ?

Si l’intervalle entre deux challenges de ce type permet de reprendre son souffle, il doit être le plus court possible pour garder le rythme. J’ai eu quelques beaux challenges à relever depuis la Chine.

Je viens de débuter une nouvelle mission, en France. Il est encore un peu tôt pour donner trop de précisions, mais il s’agit d’un challenge de structuration d’une Société de Services, à forte notoriété mais à structure légère, qui, grâce à sa croissance soutenue, a besoin de revoir son « Business Model », de grandir, et de supporter les impacts du changement d’organisation.

Philippe, durant ces deux périodes intenses, quels sont les éléments clés qui ont été contributeurs du succès de votre mission ?

J’ai su être un atout vivace de l’Entreprise. Un Manager de Transition, c’est vrai, mais complètement intégré dans les équipes, les processus, les décisions. J’ai écouté, agi, réagi, proposé, agi de nouveau, je n’ai jamais baissé les bras. J’ai eu des échanges permanents, en toute franchise, avec le Board de l’entreprise pour laquelle j’effectuais la mission. C’était essentiel pour garder le fil stratégique et rester dans le champ de la mission. J’ai consacré entièrement mon temps aux objectifs fixés.

Quelle est, pour nous projeter dans l’avenir, votre vision du Manager de Transition de demain ?

La réalité rattrape et dépasse la fiction. Pour moi qui ai le regard tourné vers les projets et les actions de groupes, nous sommes déjà dans le « monde de demain » !

Le premier critère sera « mobilité-flexibilité ». C’est déjà un critère fondamental de nos clients actuels. Il est en passe de devenir une règle, un impératif, pour l’ensemble des marchés. Il devra aussi intégrer des aspects géographiques opérationnels, des missions plus lointaines, et de nouvelles notions de temps, des missions parfois plus courtes, la disparition des horaires et des « repos dominicaux ». Etre flexible sur des plans, dont les termes seront de plus en plus courts, sera vital. Les prises de position aussi pertinentes que rapides seront des « clés de succès ». La gestion de l’urgence deviendra donc un facteur vital pour la survie de l’entreprise au travers du succès de ses projets.

Le critère « inter culturalité-adaptabilité » deviendra un prérequis. J’imagine bien que la grande majorité des missions seront soit proposées par des entreprises étrangères soit pour des entreprises à rayon d’action plus global qu’aujourd’hui. Les entreprises françaises ont, de par notre histoire et notre présent, un rôle majeur à jouer dans ce concert. Le Dirigeant de Transition français sera en compétition ou travaillera en équipe avec des « Interim Managers ». Ils seront parfois tout juste trentenaires, de toutes origines, de toutes formations, les profils seront tous différents, mais ils seront de plus en plus « experts ». Il faudra maîtriser de nouveaux outils, liés à l’informatisation en particulier, de nouveaux moyens de communication, de nouvelles langues. La pugnacité sera une clef de voute du succès.

Et pour finir, le Manager de Transition sera-t-il un « Top Manager » ?

Le Manager de Transition entre dans une nouvelle ère de son développement. Il va devenir, j’en suis convaincu, un atout stratégique majeur des entreprises dont l’évolution rapide de l’écosystème est un challenge permanent. Ses talents seront utilisés, jusqu’au plus haut niveau, non seulement pour gérer des problèmes immédiats, et il y en aura de plus en plus, dans tous les domaines, mais surtout pour participer aux plans stratégiques en imaginant et matérialisant les actions du futur proche.