Portrait-d-une-Amadeussienne

Marie-Pierre Beauparlant « Art et management » ou « Deux cordes à son arc »

Interview de Marie-Pierre Beauparlant par Elodie Loing.

Pourquoi y a-t-il si peu de femmes qui exercent le métier de Manager de transition ?

On dit que les femmes ont besoin d’un environnement connu et stable. Il se trouve que dans notre métier, c’est l’inverse.

Par essence, une femme construit sur le long terme. Notre éducation et notre environnement, ne nous ont pas nécessairement préparées à être directes : La femme a tendance à contourner l’obstacle pour atteindre ses objectifs.

Les femmes manager de transition sont des femmes d’actions. Nous exerçons rarement dans la routine et c’est ainsi qu’on fait avancer la roue de la fortune !

Une femme qui choisit ce métier et qui y parvient  est une femme de tempérament qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle a nécessairement une énergie exceptionnelle pour résister aux pressions. Nous sommes des combattantes !

Les hommes et les femmes combattent-ils de la même manière ?

Je crois que nous combattons de manière différente.

L’homme est dans l’action/réaction. La femme, habituée à s’occuper des autres, aborde la situation de manière atypique et sans égo.

Nous, Femmes, allons bien plus loin que le factuel pour mettre les équipes en ordre de bataille. Notre forte capacité de conviction donne du sens à nos actions. Je pense qu’à ce niveau-là, nous avons un certain avantage sur les hommes.

Et comment réagissent les hommes lorsqu’ils voient arriver une dirigeante de transition ?

Les équipes ne sont pas habituées à voir arriver une femme dans ces contextes-là, particulièrement dans le secteur industriel dans lequel j’exerce souvent.

Quand le donneur d’ordre est «à la hauteur », il écoute et se rallie sans problème à mon discernement. Mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas…

Vous êtes dirigeante de transition et sculpteur. Voyez-vous un parallèle ?

Tout à fait. J’exerce deux métiers d’artiste dans lesquels la créativité est un maitre mot car dans l’un comme dans l’autre, il n’y a pas de solution toute faite.

Dans mon métier de sculpteur, je donne une forme à la matière. La pierre, il faut faire sa connaissance sinon, elle casse.

Je sais d’où je pars, je sais où je veux aller, mais je dois m’imprégner de ce qui existe pour y arriver. Je découvre la matière en la travaillant et elle me réserve parfois des surprises.

Dans le métier de manager de transition, la matière, ce sont les hommes. L’énergie qu’on leur donne et le regard qu’on leur porte est clé. Regarder les gens, les comprendre, c’est avoir fait la moitié du boulot.

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