Le-billet-d-Aristide

Les « Nana » d’Aristide

Dans ma grande naïveté, je pensais que le bon management consistait à faire que chacun puisse exprimer son talent de la meilleure façon pour l’entreprise, sans distinction aucune de sexe, de culture, d’âge. Mais j’apprends par les statistiques que ce n’est pas le cas général, que ces dames accèdent moins aux postes de haut niveau et sont sensiblement moins bien payées que ces messieurs. Shocking.

Des préjugés perdurent, cultivés par de vilains machos… et par leurs mères. Serait-ce l’image du Chef, qui s’accroche à l’image de l’Officier, du Chevalier, John Wayne, Ivanhoe ? Images bien vieillottes, tellement obsolètes quand on sait ce qui fait qu’une entreprise fonctionne bien en 2015, après JC. Dans certaines de mes missions j’ai même eu l’impression que l’autorité du dirigeant était d’ordre animal : le mâle dominant, qui impose la soumission sur son territoire.

Mais remontons le temps, remontons jusqu’au moment où, fille de la brume, pointait l’aurore aux doigts de rose. Achille et Ménélas, les mâles alpha, gorgés de testostérone et d’orgueil, se disputent… devinez quoi : une femme. L’amour d’une femme ? Non, la possession d’une femme. Leur entreprise commune, la prise de Troie, va au diable. Primaire et pathétique masculinité. Mais voilà, c’est Ulysse qui apporte la victoire aux Grecs, Ulysse couvé, protégé, piloté par Athéna. Le non-héros guerrier, le non-mâle alpha, guidé par une femme.

Athéna est un prénom courant en Grèce aujourd’hui. Diminutif usuel : Nana.

Ecrire à l'auteur de l'article

Ecrire à Aristide Schlienger