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Femmes en action au sein de groupes internationaux

Par Laure de Foucaud et Elena Puntorieri, dirigeantes de transition

Christine Lagarde au FMI, Sheryl Sandberg chez Facebook, Janet Yellen à la FED, ou Clara Gaymard chez GE, les femmes accèdent enfin aux postes de premier plan, ce n’est qu’un début : seulement 10% des femmes sont à la tête de groupes ou d’entreprises !

En France comme ailleurs, le temps de la féminisation des comités de direction est venu : les années de mobilisation, la multiplication des réseaux de femmes et les engagements de personnalités ainsi que des textes de lois ont œuvré pour la féminisation des instances dirigeantes (COMEX ou Conseils d’administration), mais il reste encore du chemin à parcourir pour réduire les inégalités.

Laure de Foucaud, International HR Executive et Elena Puntorieri, Procurement Executive nous livrent leurs expériences de dirigeantes : deux parcours à dimension internationale, différents et similaires à la fois : différents car elles exercent des métiers différents, au sein de secteurs différents ; similaires, car toutes deux ont été rapidement confrontées au milieu masculin, aux Comités de direction dans lesquels souvent elles étaient les seules représentantes de la gente féminine.

Laure, franco-suisse, est originaire d’une famille multi culturelle franco-anglo-belge. Dès son plus jeune âge, elle est confrontée à la différence de cultures : Etats-Unis, Moyen Orient et Europe. Véritable caméléon, avide de découvrir les autres cultures et leur langue, elle se lance dans une carrière internationale et franchit très vite les étapes professionnelles en accédant à des fonctions de dirigeante en Ressources Humaines, dans des secteurs d’activités très diversifiés comme les Loisirs, le Ferroviaire, le High Tech, la Défense et l’Agro-Alimentaire,…

Elena, italienne, fait ses études et réalise sa première expérience en Italie. Puis très rapidement, mène une carrière à l’international : son grand intérêt pour les langues, pour les cultures latines et son fort désir d’autonomie la conduise tout naturellement à explorer l’Europe, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud dans des fonctions de Supply Chain/Achats au sein de groupes industriels internationaux (agroalimentaire et pharmaceutique).

Toutes les deux ont renforcé leur capacité d’adaptation, ont été confrontées à la nécessité impérieuse de s’intégrer dans des milieux peu habitués à côtoyer des femmes à des postes à responsabilités.

Une femme dirigeante dans un monde d’hommes, une gageure ?

Laure et Elena peuvent témoigner que non, si la facilité n’est pas au rendez-vous, l’ouverture d’esprit, la rigueur, l’écoute et la persévérance font la différence :

Laure qui a souvent été la seule femme au CoDir dans des milieux très masculins nous dit comment elle a su s’intégrer au sein de milieux exclusivement masculins « j’ai su faire face et me faire accepter en mettant en place des relations directes et professionnelles. J’ai été aidée par ma personnalité ferme, efficace mais aussi curieuse, chaleureuse et observatrice » nous dit-elle.

Elena ajoute quant à elle «  ma forte détermination et ma grande envie de réussir ont forgé mon caractère. Les résultats obtenus en tant que dirigeante, membre du CoDir, dans l’industrie pharmaceutique ont pu être réalisés grâce à ma capacité à aller vers les autres, à écouter, à anticiper, à faire adhérer les équipes et les collègues autour de changements obligatoires pour l’évolution et les objectifs des entreprises.

Pour faire face aux rigidités, aux préjugés, aux stéréotypes, il convient de rester factuelle et rationnelle. Rassurer ses interlocuteurs en obtenant des résultats, est sans doute la meilleure réponse que l’on puisse apporter, conclut Elena. C’est ainsi qu’Elena et Laure ont avancé dans leur carrière professionnelle : Etre performante, rigoureuse et exacte, oser demander, être factuelle et avancer les bons arguments pour obtenir l’adhésion de leurs pairs du CoDir.

Elles partagent le sentiment de n’avoir pas été freinées dans leur carrière par le « plafond de verre » ; leur éducation relativement stricte et leur éveil culturel les ont toujours poussées à penser qu’être une femme n’était pas un obstacle. Et s’il existait un savoir-être propre aux femmes dirigeantes, il serait à leur image : à la fois fermes, empathiques, soucieuses du bien-être et de la performance de leurs équipes …, le tout accompagné d’une bonne dose d’humour !

Toutes les deux pensent que la détermination et la vision ne suffisent plus à un homme et/ou une femme pour être leader. Il faut savoir développer une intelligence émotionnelle, à travers la connaissance et la maitrise de soi, la motivation, l’empathie et la capacité à développer le social.  De même, la capacité à s’adapter et à comprendre l’environnement dans lequel on évolue est une donnée essentielle de leur point de vue, « le business acumen »  ajoute Laure.

« La diversité est un point fort pour les entreprises, elle fait partie de l’équilibre du groupe car l’uniformité de quelque nature qu’elle soit, est un danger »  concluent-elles.

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